Courbe de sensibilité spectrale de la pellicule rollei infrared.

La photographie infrarouge

Qu’est ce que la photographie infrarouge ?

L’œil humain ne voit pas toute la lumière

L’œil humain n’est sensible qu’à certaines longueurs d’onde de la lumière -entre 380 et 780 nanomètres qui contiennent rouge, vert et bleu.

Or, la lumière existe aussi en dessous et deçà de ces longueurs d’onde.

Certaines pellicules peuvent capturer ces «couleurs» qui sont invisibles à l’œil humain

Certaines pellicules sont plus sensibles que l’œil humain et permettent de capturer les rayons lumineux au delà de 780 nanomètres (que l’on appelle infrarouge) ou en deçà de 380 nanomètre que (l’on appelle ultraviolet).

Vous pouvez lire cet article qui explore plus en détail cette thématique : https://rayhanargentique.com/couleurs-et-pellicules-monochromes/

L’intérêt artistique de la photographie infrarouge

Photo infrarouge noir et blanc

Photographier en infrarouge permet d’obtenir une perspective nouvelle sur son environnement : les feuillages verts deviennent blanc et le ciel noir intense en noir et blanc.

Photographie infrarouge de la Loire.
Photographie infrarouge. Orléans. © Rayhan Rahim Khan

Vous pouvez retrouvez mes analyses de cette série de photos infrarouges ainsi que mes réflexions quand à l’intérêt artistique de la photo infrarouge dans la planche-contact numéro 8 (contenu payant).

Photo infrarouge et couleur

On peut aussi travailler en couleur -avec un capteur numérique dé-filtré seulement seulement, plus aucune pellicule infrarouge couleur n’étant produite.

Comme l’infrarouge est invisible à l’œil humain, on attribue arbitrairement les couleurs visibles -rouge, vert, bleu- aux plages de longueurs d’onde.

Par exemple de 780nm à 820nm on va colorer en rouge, de 820nm à 860 en bleu, etc..

Comment faire de la photographie infrarouge ?

Isoler la partie infrarouge

Une pellicule normale n’est pas conçue dans l’idée de faire de la photo infrarouge, mais de restituer une image qui correspond à ce que vous voyez.

Il faut donc utiliser une pellicule conçue pour capter les infrarouges pour pouvoir faire de la photographie infrarouge.

Mais cette pellicule, en plus des infrarouges, va capturer les couleurs que voient l’œil humain qui vont «noyer» les infrarouges.

Il faut donc trouver un moyen de bloquer ces couleurs ou longueur d’onde qui ne nous intéressent pas :

Utiliser un filtre

Afin de ne conserver que les infrarouges, on utilisera un filtre bloquant les longueurs d’ondes que voit l’œil humain (le filtre va bloquer la lumière pour les longueurs d’onde inférieure à 780 nanomètres).

Dans les faits, les filtres disponibles laissent toujours un peu de lumière visible passer, ne bloquant que les longueurs d’onde inférieures à 720-690 nanomètres).

Filtre infrarouge IR720

Ce filtre ne bloque la lumière qu’en deçà de 720 nanomètres.

Les contraintes de la photographie infrarouge

Les contraintes techniques : la sensibilité du capteur aux infrarouges

Comme expliqué plus haut, le capteur utilisé (numérique ou argentique) doit pouvoir capter la lumière infrarouge.

Choisir la bonne pellicule

Il faut donc bien veiller à utiliser une pellicule qui soit sensible à l’infrarouge pour réaliser ce type de photographie.

Courbe de sensibilité spectrale de la pellicule rollei infrared.

Vous trouverez cette information dans la fiche technique de la pellicule disponible sur internet (la courbe de sensibilité doit, en principe, aller au delà de 780 nanomètres).

La plupart du temps, les fabricants indiquent la caractéristique infrarouge dans le nom des pellicules.

Ici, comme vous pouvez le voir, la pellicule Rollei Infrared continue de capter de la lumière à 780 nanomètres.

Des modifications lourdes en numérique

Les capteurs photographiques numériques intègrent pour la plupart un filtre bloquant la lumière infrarouge.*

Il faut donc modifier ou remplacer ce filtre afin de pouvoir photographier en infrarouge.

Cette modification implique nécessairement un démontage de l’appareil.

* De la lumière infrarouge peut toujours passer selon les capteurs, mais retirer le filtre permet de travailler dans de meilleures conditions.

Les contraintes pratiques

Des temps d’exposition long

Photographier à main levée en infrarouge est possible (c’est d’ailleurs ce que j’ai fait dans la planche-contact numéro 8).

Cependant, un trépied et des temps d’exposition de plusieurs secondes sont recommandés pour obtenir la meilleure qualité d’image.

Est à noter que les temps d’exposition varient selon la sensibilité du capteur aux infrarouges et le filtre utilisé.

Une visée impossible pour les reflex

Vous l’avez compris, un filtre infrarouge ayant pour fonction de bloquer la lumière visible à votre œil ne vous permettra pas de regarder à travers l’objectif avec un reflex.

Un appareil photo numérique hybride ou simplement doté d’un mode «liveview» contournera le problème et vous permettra de composer vos images avec un filtre vissé sur l’objectif.

Une mise au point décalée

Les indicateurs de mise au point inscrit sur l’objectif ne sont pas valables pour la photo infrarouge.

Il faut en effet décaler légèrement la mise au point pour avoir une photo nette en infrarouge.

Tâchez de vous en souvenir si vous photographiez avec un télémétrique ou en mesurant les distances.

Indicateur de mise au point pour photo infrarouge sur un objectif Nikon.

Le petit point rouge correspond à la mise au point pour les infrarouges.

Ici, la mise est donc faite à l’infini pour les infrarouges.

Tous les objectifs n’ont cependant pas ce repère.

Objectif : Nikkor 55mm F1,2 SC

Choisir le bon objectif

À noter certains objectifs sont aussi susceptibles de générer des images de mauvaises qualité, avec un point chaud -une tâche de lumière- au centre de l’image.

Ci dessous une liste classant des objectifs selon leurs performances sur ce point.

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