Un commerçant de riz passionné par la photographie
En 1941, Zenzaburo Yoshino travaille dans la prospère entreprise familiale de commerce de riz.
Mais Zenzaburo est aussi passionné par la photographie : il possède de nombreux appareils photo (leica, contax, rollei, etc.) dont il s’amuse à décortiquer les mécanismes.
De là commencera à germer dans son esprit l’idée de construire l’appareil photo idéal.

Fin du commerce de riz et changement d’activité
Un marché alimentaire qui passe sous contrôle de l’état à la fin de la 2nde guerre mondiale
À la fin de la seconde guerre mondiale, les denrées alimentaires sont rationnées au Japon.
Les choses se complique donc pour l’entreprise familiale qui voit son domaine d’activité être fortement contrôlé par l’état.
Départ vers un nouveau projet en 1946
Zenzaburo décide alors d’abandonner le commerce du riz pour se lancer dans d’autres activités.
Ouverture d’un magasin de matériel photo
N’ayant pas les moyens pour créer et fabriquer des appareils photographiques, il ouvre en 1946 un magasin de vente de matériel photographique à Tokyo avec l’idée de trouver à terme les moyens de financer son projet de cœur.
Et production d’objet de luxe simple
Dès 1947, l’entreprise agrémentera son activité commerciale d’une activité de production avec la fabrication de petits objets de luxe (étui à cigarettes, bijoux, boîtes à maquillage, puis des montres, sacs et autres accessoires) qui plaisaient particulièrement aux troupes d’occupation américaine.
Milieu des années 50 : naissance de Bronica
Au milieu des années 50, avec l’accumulation des compétences du personnel et des moyens de production, l’entreprise va se lancer dans l’ambitieux projet de créer un appareil photo et adoptera le nom de Bronica.

Bronica vient de la contraction de Brownie (un appareil photo utilisant le format 120 fabriqué par Kodak) et caméra.
Appareil photo Kodak Brownie
La vision de Zenzaburo Yoshino était de créer un appareil photo moyen format avec un ratio d’image carré (6×6). Il devait permettre de voir à travers l’objectif, être portable, performant, complet et le plus simple possible à utiliser.
Bronica aboutira à un premier prototype en 1956, puis commercialisera le Zenza Bronica Z en 1958.
Le Z sera rapidement remplacé par les Zenza Bronica D puis S.
Ce qui se faisait de mieux à l’époque
Le miroir qui revient en place sans avoir à réarmer, la vitesse d’obturation maximale au 1/1250em de seconde et les nombreux mécanismes empêchant les erreurs de manipulations sont inédits pour un appareil de ce type en 1958.
Et en plus d’avoir une meilleure fiche technique que son principal concurrent, le Hasselblad 500c (1957), le Bronica Z, puis ses successeurs fiabilisés les D et S sont aussi significativement moins chers.
Une communication rondement menée
Mais le tout n’est pas d’avoir le meilleur produit, encore faut-il le faire connaître.
Et à ce petit jeu, Zenzaburo Yoshino saura tirer son épingle du jeu.
L’appareil photo produit par cette petite entreprise encore inconnue du monde photographique, se fera rapidement un nom, notamment aux états-unis où les appareils photographiques japonais étaient déjà très prisés.
Le succès dans les années 60-70
Bronica rencontrera le succès commercial avec le Bronica S et ses successeurs.

Le pic aura lieu au milieu des années 70, avec notamment le bronica EC, aboutissement de la série S que ce soit du point de vue de la fiabilité ou technique.

Avant de fabriquer ses propres optiques au milieu des années 70, Bronica a fait appel à d’autres fabricants (principalement Nikon, mais aussi Komura, Topcon, Norita et même Carl Zeiss Jena pendant une courte période).
Un manque de moyen qui finira par être fatal
Les évolutions du marché dans les années 80
Le public réclame d’autres ratios d’image
Le marché évolue dans les années 80, les utilisateurs souhaitent d’autres ratio d’image que le 6×6 proposé jusqu’alors par Bronica.
Bronica propose plusieurs modèles pour répondre à ces nouvelles demandes
Bronica proposera donc d’autres modèles avec différents ratio d’image tel la série ETR (6×4,5) en 1976 puis le GS-1, appareil multi-format (6×4,5, 6×6 et 6×7) en 1983.

Le Bronica SQ (format 6×6), successeur plus léger et maniable de la gamme S, ne rencontrera pas le même succès que son ainé.
Tous ces appareils seront produits et améliorés jusqu’au début des années 2000.
Des résultats mitigés
Mais hormis la série des ETR, aucun de ces appareils ne rencontrera le succès commercial attendu.
Mort de Zenzaburo Yoshino en 1988
La disparition du créateur de l’entreprise en 1988 et l’absence de sa vision créatrice a certainement manqué au renouvellement de la marque.
Le déclin dans les années 90-2000
Le train du numérique raté faute de moyen
À compter des années 80, la marque périclitera au fur et à mesure des ans et n’aura pas les ressources pour entamer la transition vers le numérique, à l’inverse de Hasselblad qui continue d’exister et produire appareils photo et optiques aujourd’hui.
Échec du Bronica RF645
Et ce n’est pas le Bronica RF645, l’un des appareil moyen-format les plus compacts du marché commercialisé en 2000, qui réussira à sauver la marque.
Bronica racheté par Tamron
Bronica sera racheté par le fabricant d’optique Tamron en 1998.
Après l’insuccès du RF645 Tamron abandonna la marque Bronica en 2005.
Utiliser un Bronica aujourd’hui
On trouve encore en occasion des Bronicas. Ces appareils photos continuent de donner de belles images, comparables à ce qui se fait de mieux de nos jours. Cependant les pièces de rechange pour ces appareils sont rares…
Vous pouvez notamment retrouver mes tests des Bronica EC TL et TLII ici :
Sources :
https://www.jcii-cameramuseum.jp/academy/museum-lectures/2010/12/11/7261/
https://ja.wikipedia.org/wiki/%E3%82%BC%E3%83%B3%E3%82%B6%E3%83%96%E3%83%AD%E3%83%8B%E3%82%AB
https://petapixel.com/bronica-history/
https://rangefinderforum.com/threads/the-zenzanon-lens-saga-part-1-why-did-nikon-really-stop-making-lenses-for-bronica.4757645/

